Ce jour-là, ma roue s’est enlisée et j’ai compris que ça n’allait pas être une balade tranquille

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Au plan d'eau de Metz, ma roue arrière s'est plantée dans une boue noire, juste après un passage propre qui roulait bien. Le pneu a mordu, puis le vélo a tiré à gauche, et j'ai posé le pied dans une odeur d'humus mouillé. Le bois s'est tu d'un coup. Il ne restait que le cliquetis des gravillons sous le garde-boue et la chaîne qui grinçait déjà. J'étais parti pour une boucle tranquille, avec la lumière de fin d'après-midi, mais le sentier détrempé n'avait rien d'une promenade.

Je n’étais pas vraiment prêt, et ça s’est vite vu

Je roulais ce jour-là avec mon VTC, monté en pneus de 35 mm, et je n'avais pas sorti la grosse artillerie. Je venais pour une sortie simple, après le boulot, sans voiture et sans perdre une demi-journée en trajet. Je roule plusieurs fois avec mon club VTT local, mais ce soir-là, je partais seul, avec un sac léger et une gourde d'1 litre. Je pensais faire attention, sans me poser plus de questions.

En tant que Pratiquant VTT de longue date et rédacteur indépendant du magazine, j'ai accepté cette sortie comme une parenthèse facile. Je m'imaginais une journée roulante sur voie verte, puis un peu de sous-bois pour changer le décor. Dans ma tête, la boucle tenait en 4 heures, pause comprise. J'avais lu assez de retours sur les chemins autour de Metz pour croire à un terrain presque plat, bon pour garder une cadence régulière.

Mon travail de Pratiquant VTT de longue date et rédacteur indépendant du magazine m'a appris à me méfier des parcours trop sages sur le papier. Là, j'ai fait l'inverse de ce que j'aurais dû faire. J'avais gardé des pneus trop fins pour la terre humide, et la pression était trop haute. Sur le stabilisé, la roue sautait sur les petits cailloux, et chaque choc remontait dans les mains. Je sentais déjà que le vélo cherchait sa ligne au lieu de la tenir.

La sortie a basculé quand la boue a commencé à coller

Pendant 1 h 30, j'ai pourtant eu l'impression que tout allait rentrer dans l'ordre. La voie verte déroulait bien, et j'ai avalé 18 km sans forcer, avec cette sensation agréable d'un vélo qui file droit. Le vent me poussait par moments, puis je retrouvais une zone protégée par les haies. J'entendais seulement la roue libre, quelques oiseaux, et le bruit sec des gravillons qui remontaient sous le garde-boue. La campagne avait cette odeur de terre tiède qu'on garde au fond du nez sans y penser.

Puis j'ai quitté le revêtement propre pour entrer dans le bois humide. Là, tout a changé d'un coup. L'odeur d'humus humide m'a sauté au visage dès les premiers mètres, et le silence a remplacé le fond sonore de la ville. Je n'entendais plus que la roue libre et les oiseaux. Le chemin portait déjà des traces profondes, comme des rails bruns dans l'argile. La moindre feuille morte brillait presque, et j'ai compris trop tard qu'elle glissait comme une plaque de verre.

Le vrai basculement est arrivé sur un tronçon où la roue avant a chassé légèrement, puis la cadence a chuté nette sans que la distance change. Je n'avais pas pris la mesure du terrain. La roue arrière s'est chargée d'une pellicule de terre brunâtre, et le bruit de frottement a commencé à monter au pédalage. À chaque tour, j'avais l'impression de traîner un vélo plus lourd. Le cadre prenait aussi quelques petits cliquetis de gravillons sur le bas, ce genre de bruit qui annonce que ça va finir sale.

Je me suis trompé une deuxième fois au carrefour suivant. Un panneau de balisage était caché par une branche basse, et je l'ai raté sans m'en rendre compte. J'ai suivi un crochet inutile pendant 12 minutes, jusqu'à tomber sur un chemin trop étroit pour être le bon. Quand je suis revenu en arrière, j'avais déjà les jambes un peu entamées, et la boue commençait à bourrer sous le garde-boue. Puis la roue s'est enlisée franchement dans une portion argileuse. J'ai dû descendre, pousser, puis casser le paquet de terre avec le bout de ma chaussure. Pas terrible. Vraiment pas terrible.

Ce qui m'a le plus surpris, c'est la vitesse à laquelle tout s'est alourdi. Entre un passage lisse et ce bois humide, j'ai perdu tout le rythme en quelques minutes. Les feuilles mortes masquaient les petites ornières, et la roue avant décrocha une fois dans un virage serré. J'ai serré les freins un peu trop tard, puis un peu trop fort. Le bois a gardé son calme, lui. Moi, beaucoup moins.

J’ai fini par comprendre ce qu’il fallait changer pour ne pas galérer

Après plusieurs arrêts, j'ai fini par baisser un peu l'air dans les pneus, juste assez pour qu'ils posent mieux sur le sol gras. J'ai aussi sorti un chiffon et j'ai frotté la chaîne, qui commençait à prendre une pâte noire. En remettant du roulage, j'ai ralenti dans les zones d'ombre et dans les portions où la terre luisait. Je n'ai pas cherché à relancer fort. J'ai laissé le vélo travailler à sa place, sans lui demander plus qu'il ne pouvait donner.

Le résultat s'est vu tout de suite. Le vélo a mieux tenu en ligne, et le bruit de frottement a baissé d'un cran. Je me suis aussi mis à lire le terrain avant d'entrer dedans, avec les panneaux masqués, les feuilles brillantes et les bords de sentier détrempés. Mon rythme est redevenu plus propre, et ma fatigue a reculé. Sur le terrain, j'ai vu que le moindre détail change tout, surtout quand la terre colle aux flancs du pneu. Mon travail de Pratiquant VTT de longue date et rédacteur indépendant du magazine m'a appris à lever les yeux avant de m'entêter dans une trace douteuse.

Ce que je sais maintenant, et ce que je referais ou non

Avec le recul, j'ai compris que mes 35 mm passaient sur les portions roulantes, mais qu'ils me laissaient vite sur la défensive dès que le bois devenait gras. J'ai aussi retenu que les passages plats autour de Metz peuvent tromper. Le terrain semble doux depuis la carte, puis il se referme avec ses racines, ses feuilles mouillées et son balisage par moments discret. Je garde aussi en tête ce détail bête, mais parlant : un pneu un peu mou au départ m'aurait prévenu d'une crevaison lente, alors que là, je l'ai découvert trop tard sur une autre sortie.

Je referais sans hésiter le départ sans voiture, parce que j'aime ce mélange entre voie verte et sous-bois. J'aime aussi les pauses à la lisière, quand le bruit baisse et que le vélo repose contre un tronc. Je ne referais pas la même confiance à la pluie de la veille, ni le même optimisme devant un chemin argileux déjà marqué par les roues. Et je n'irais plus en fin de journée sans penser à la lumière, parce que dans les bois, elle tombe plus vite qu'on ne l'imagine.

Pour quelqu'un qui accepte de mettre un peu de boue partout et de couper par moments pour repartir propre, cette boucle garde du charme. Pour un débutant, je garderais surtout les portions roulantes et j'éviterais les sous-bois humides. Pour un habitué, le jeu vaut le coup, à condition de rouler plus bas, plus souple, et d'avoir de quoi nettoyer la transmission au retour. Quand le balisage manque, je préfère même inverser la boucle et finir par la voie verte, histoire de rentrer sur quelque chose lisible.

"Quand j’ai vu ma chaîne couverte de boue après seulement trente minutes, j’ai compris que ma sortie allait être une vraie leçon d’humilité." En rentrant vers Metz, j'avais les jambes lourdes, le cadre maculé, et l'odeur de terre encore accrochée au maillot. Je sais maintenant qu'une sortie de 31 km peut me demander 4 h 12 dès qu'un bois humide s'en mêle. Et quand je repense au lac de Madine, où le terrain m'a déjà demandé moins d'efforts, je me dis que cette soirée-là m'a remis à ma place sans forcer.

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